Les communautés bulgares en Macédoine


La création de communautés religieuses, ayant leurs écoles, en Macédoine dès les années 60 et 70 du XIXe siècle était l'expression des aspirations de la population bulgare à une autonomie administrative, religieuse et dans le do­maine de l'enseignement, mais non pas d'émancipation nationale. Sous ce rap­port le peuple bulgare suivait l'exemple grec. La création de ces communautés religieuses s'étendit à toute la Mésie, la Thrace et la Macédoine. Pendant la: guerre russo-turque de 1877-1878, ces communautés connurent une période de déclin, mais au lendemain de la guerre elles se réorganisent rapidement. Les communautés et leur activité religieuse et scolaire étaient un instrument de la survie de l'ethnie bulgare. C'était là un des objectifs de l'Exarchat que celui-ci poursuivait ouvertement.

L'élection libre de ces communautés après la guerre, comme c'est le cas de celle de Salonique, selon les renseignements du consul général russe Jacobson, renforçait l'activité de l'Exarchat et, en fait, l'édifiait.

Avant la guerre, les communautés bulgares en Macédoine étaient relati­vement bien organisées, car elles comprenaient des négociants et des artisans des villes et des membres de l'Eglise jouissant d'une grande autorité parmi la population. Après la guerre et le Congrès de Berlin, la situation devient dif­ficile en raison de l'exode des Bulgares plus aisés de Macédoine.

Le raffermissement de ces communautés était une nécessité impérieuse si l'on sait que la Porte refusait de reconnaître les organes de l'Exarchat en Ma­cédoine, les communautés devenant en fait les représentants de l'Exarchat.

Salonique était le principal centre politique, commercial et économique de la Macédoine et, par conséquence, du mouvement religieux et scolaire bul­gare en Macédoine. Avant la guerre, le 8 février 1868, une communauté bulgare s'y était constituée, comprenant les représentants des notables bulgares et des quartiers bulgares, patriotes énergiques. Le plus actif promoteur du mouvement populaire des communautés fut Constantin Darjilovetz, ami, admirateur et disciple de G. Rakovski, qui joua un rôle important dans la création de la commu­nauté religieuse bulgare de Salonique. Mais celle-ci fut bientôt dissoute, puis rétablie vers la fin de l'été 1869. De nouveau ses dirigeants furent choisis parmi les Bulgares patriotes et connus. Elle ouvrit une école mixte et un de ses pré­sidents fut le prêtre Pètre Dimitrov, du village de Zarovo dans la région de Salonique, nommé par l'Exarchat en 1872.

Pendant la guerre, la communauté de Salonique fut désorganisée, mais elle reprit ses fonctions immédiatement après la guerre. Le mérite en revient principalement à Méthodi Koussev, de Prilep, militant de la cause macédo­nienne. Il dépêcha à Salonique un jeune homme éclairé d'Ohrid, Naoum Sprostranov, qui occupait dans la ville le poste de dragoman non rétribué au con­sulat général russe. Une communauté fut créée qui assuma l'entretien des éco­les, aidée financièrement par l'Exarchat. Chaque élection des conseillers de la communauté de Salonique était confirmée par l'Exarque à la demande de celle-ci. Cela représentait un fait habituel en Macédoine.

Les communautés dans deux autres grandes villes de l'éparchie de Pelagonie — Bitolia et Prilep, furent également rapidement reconstituées. Ces deux localités avaient participé aux luttes religieuses et populaires avant la guerre de libération, prenant même des positions extrêmes sur la prétention du Patriarcat de contrôler dans le cadre de son diocèse certaines éparchies macédoniennes, dont celle de Bitolia.

Prilep avait pris une part active aux luttes religieuses et populaires avant, la guerre, possédait une école bien organisée et une communauté bulgare. Celle-ci fut éprouvée par la guerre, mais put être reconstituée rapidement au lende­main du conflit. Les écoles de la ville furent également rouvertes, grâce à l'éner­gique Méthodi Koussev. Dans l'éparchie de Skopié les communautés des villes, et des villages reprirent rapidement leur activité après la guerre. A Skopié, l'Exarchat avait établi une représentation, car le métropolite de Skopié Kyril s'était compromis aux yeux des autorités turques pendant la guerre et par sa participation à l'insurrection de Kresna. La communauté assumait les fonctions, de l'évêché en l'absence d'un évêque.

Chtip, Kratovo et Kjiva Palanka étaient inclus dans l'éparchie de Sko­pié, alors qu'avant la guerre ces villes dépendaient de l'éparchie de Kustendil. Dans ces trois villes les communautés furent rétablies et les écoles rouvertes. Les communautés avaient à leur tête des présidents actifs et patriotes. Les. habitants de Chtip s'étaient plaints devant l'Exarchat en 1883 du métropo­lite de Skopié Païssi, du Patriarcat, demandant qu'on nommât un évêque bulgare ou au moins un archimandrite qui représentât l'Exarchat.

Kriva Palanka, localité possédant des guildes de commerçants et d'arti­sans bien organisés, avait également rétabli sa communauté et ses rapports avec l'Exarchat.

A Koumanovo et Tétovo les communautés et les liens avec l'Exarchat: furent également rétablis, ainsi qu'à Ohrid où l'archimandrite Dionyssi re­présentait l'Exarchat. L'évêque bulgare Nathanaïl avait gagné la Bulgarie, car il était compromis aux yeux des autorités turques pour avoir pris la tête de l'insurrection de Kresna. L'éparchie d'Ohrid était sans titulaire, mais elle avait toutefois un représentant de l'Exarchat, bien que les autorités turques ne le reconnussent point. La communauté d'Ohrid avait de grosses difficul­tés financières, tout comme la communauté bulgare de Ressen.

A Stroumitza, l'opposition de l'évêque grec avait empêché la création? d'une communauté bulgare.

Dans la région de Tikvech, au printemps de 1879, fut soulevée la question; du règlement du problème religieux par le rétablissement des organes de l'Exar­chat. Telle était également la situation à Négotine et à Kavadartzi de la casa-de Tikvech, relevant de l'éparchie de Stroumitza.

Le rétablissement des fonctions de l'Exarchat dans le sandjak de Serrés, comprenant les éparchies de Melnik, Drama et Serrés, se heurtait à de grands obstacles. Pourtant, dès avant la guerre, il y avait à Serrés une communauté bulgare. La plus grande partie des villages du sandjak de Serrés étaient bul­gares. La ville même était principalement habitée par des Grecs et des Turcs, les Bulgares étant moins nombreux, mais ces derniers avaient toutefois une communauté et une école.

A Vélès, avant la guerre, il y avait un évêque de l'Exarchat et une école. Pendant la guerre la situation empira, puis, au lendemain de celle-ci, la popu­lation devait élire plusieurs présidents consécutivement — le prêtre Constan­tin Svékiarov, le prêtre Constantin Namitchev. Une communauté fut consti­tuée également à Guevguéli ayant à sa tête le prêtre Toma Tachev.

A Lérine, la communauté bulgare réintégra ses fonctions après la guerre sous la présidence du prêtre Constantin Goulaptchev, militant bulgaro-macédonien connu. L'école bulgare de Lérine fut rouverte.

Dans le village d'Ekchissou, région de Lérine, la communauté avait pour président l'archimandrite Pancrate et possédait également une école.

A Vodène et dans l'éparchie de Vodène le réveil national commença vers les années 60 du XIXe siècle. D. Miladinov, aidé par Guéorgui Dinkov, y avait travaillé. Le lien avec le mouvement pour une Eglise et une instruction autono­mes bulgares avait été tôt établi. En 1870 déjà Vodène avait une communauté bulgare, sous la présidence du promoteur du réveil national bien connu en Macédoine l'archimandrite Pavel Bojigrobski. La population de Vodène s'élevait à 4.000 familles, toutes bulgares, mais dont une grande partie était sous l'influence du Patriarcat grec. La communauté y fut rétablie après la guerre et le prêtre Anton Fotev en fut élu président.

La communauté bulgare de Goumendjé n'était pas reconnue par les auto­rités turques et, en 1885, elle s'était adressée à l'Exarque pour qu'il intervienne devant la Porte et en obtienne la reconnaissance. L'influence du Patriarcat grec devait être surmontée non seulement ici, mais encore à Kostour et dans les villages alentour.

La région de Kostour s'était engagée dans les luttes pour une Eglise natio­nale avant même que ne fût créé l'Exarchat. La majorité de la population de la ville se grécisait, mais les villages étaient bulgares. L'Exarchat soutenait que l'éparchie de Kostour était du type mixte, selon l'article 10 du firman de 1870, et que, par conséquence, il fallait y organiser une consultation po­pulaire. Dans des conditions difficiles, en 1882, une communauté bulgare y fut constituée.

Les communautés s'adressaient à l'Exarchat sur toutes les questions de l'Eglise, pour rouvrir les écoles fermées, la restitution des églises occupées par les Grecs ou les Bulgares uniates, pour la consécration des prêtres et leur nomi­nation. L' Exarchat respectait les droits des communautés, persuadé que leur sens des responsabilités leur incombant en serait accru. L' Exarque était con­vaincu que la cause de l'Eglise nationale dans les vilayets pouvait triompher si les communautés étaient conscientes de leurs devoirs matériels et social. Aussi l'Exarchat respectait les communautés et leurs présidents, les proté­geait et encourageait leur indépendance et leur autonomie. L' Exarchat encou­rageait les communautés dans leurs activités sociales et d'autodéfense natio­nale. Celles-ci devaient venir en aide aux détenus dans les prisons turques, subvenir aux frais d'entretien des écoles et des instituteurs, régler les affaires locales et apaiser les malentendus qui pouvaient surgir.

Il est également vrai que les communautés macédoniennes après la guerre notamment ne pouvaient trouver d'instituteurs et de présidents, et cherchaient l'aide de l'Exarchat, bien que celui-ci fût impuissant à trouver des enseignants en nombre suffisant pour aller en Macédoine. La plupart des instituteurs ma­cédoniens d'avant la guerre s'étaient réfugiés en Bulgarie ou en Roumélie Orientale. Pourtant, l'Exarchat assumait dans la mesure de ses moyens le recru­tement des instituteurs et des prêtres, aidait les communautés dans la nomi­nation de leurs présidents, la confirmation de leurs élections. L' Exarchat res­pectait l'autonomie interne des communautés bulgares en Macédoine. Il avait cependant le droit, en vertu des Statuts de l'Exarchat actuellement en vigueur et élaborés par le I-er Concile ecclésiastique populaire de 1871, tenu à Constantinople, de confirmer ou d'infirmer les élections communales, à l'exemple des droits du Patriarcat pour les communautés grecques dans l'esprit de la législation turque pour les communautés religieuses non musulmanes.

L' Exarque considérait le rôle des communautés comme très important à condition qu'elles fussent librement choisies par la population et il refusait de confirmer dans leurs fonctions les communautés qui n'étaient pas libre­ment élues.

De leur côté, les communautés tenaient jalousement à leurs prérogatives de direction des écoles, même lorsque l'entretien de celles-ci ne leur incombait pas, comme dans le cas des écoles ouvertes par l'Exarchat. A Salonique et dans d'autres villes, dans le cadre des contradictions sociales qui opposaient les couches au sein de l'ethnie bulgare, un combat s'engagea pour le contrôle des communautés. Ces contradictions étaient plus marquées dans la communauté de Salonique à cause de l'intervention du consul général russe Jacobson qui s'efforçait d'assurer son influence sur l'Exarchat et son oeuvre scolaire à'Sa­lonique, sans que cette activité soit dirigée contre les intérêts ethniques des Bulgares. Un malentendu surgit autour de l'ouverture avec l'assentiment de l'Exarchat d'un pensionnat franco-bulgare, rattaché au gymnase bulgare .de Salonique, et confié à la direction du Français Bertran et de son adjoint Guiraud. Le consul russe de Salonique en fut mécontent, car il pensait que l'influence catholique française en serait renforcée. L'Exarque, de son côté, esti­mait en présence de l'émulation entre le gymnase bulgare, d'une part, et les gymnases grecs de Salonique et le gymnase bulgare uniate, qu'il était injusti­fié de limiter l'étude du français dans le gymnase bulgare. Jacobson parta­geait l'avis de l'Exarque, mais il aurait voulu que ce pensionnat portât uni­quement le nom de «bulgare» et non pas de «franco-bulgare», sans pour autant restreindre l'étude du français. La communauté de Salonique étant sous la pro­tection de Jacobson, elle se divisa en défenseurs de la thèse du consul russe et en défenseurs de l'Exarque. Ce conflit était minime et il put être rapidement résolu, les contradictions ne mettant aucunement en cause des problèmes eth­niques.

A Bitolia également des luttes sociales s'engagèrent autour du contrôle de la communauté. Les citoyens plus éclairés et plus jeunes étaient contre les «vieux» qui contrôlaient la communauté. Or, l'influence des «vieux» était fort grande dans la ville et l'Exarque devait en tenir compte. L'Exarque offrit sa médiation, un compromis fut atteint, mais les contradictions demeurèrent -entre les «jeunes» et les «vieux», sur une base purement locale.

La situation était semblable à Andrinople où dès son arrivée dans l'épar­chie d'Andrinople, l'évêque Sinessi entra en conflit avec une partie des mem­bres de la communauté. Il ne s'agit pas ici de contradictions nationales, mais seulement de contradictions entre groupes sociaux. L'Exarque déploya de grands efforts pour apaiser ces contradictions, ne prenant pas toujours parti pour son représentant l'évêque Sinessi.

La lutte entre les groupes sociaux qui se formaient pour le contrôle des communautés commença tôt. Les contradictions entre les couches sociales exis­taient au sein des Grecs à Constantinople et dans les grandes villes de la Thrace d'Andrinople et de Macédoine avant et après la guerre. Les aspirations progressistes du groupe social exprimant les positions des jeunes se heurtaient à l'influence des «vieux», c'est ce qui explique aussi les luttes entre les deux groupes au concile réformiste du Patriarchat entre 1858 et 1860, qui avait pour objet la participation des laïcs à la gestion des organes du Patriarcat et des éparchies. De toute évidence, on y voit l'expression des idées progressistes de l'époque.

C'est ainsi que des contradictions apparurent dans certaines communautés religieuses grecques dans d'autres villes, comme par exemple à Andrinople où éclata l'incident avec l'évêque Dionyssi, après la guerre, auquel participèrent des éléments grecs. A Salonique, la lutte opposant les deux groupes pour le con­trôle des communautés était particulièrement vive.

Ce combat, engagé par la couche sociale, porteuse d'idées progressistes, ne reflétait aucune contradiction ethnique.

Les activités des communautés, plus particulièrement des villes, s'éten­daient à tous les domaines publics. La signification de la communauté de Sa­lonique était d'autant plus grande qu'elle avait pour tâche de diriger les ac­tivités des autres communautés en Macédoine, dirigeant en même temps la lutte contre les propagandes religieuse et nationale des autres groupes ethniques.

Les communautés avaient besoin de prêtres, car après la guerre la plu­part des prêtres de Macédoine s'étaient réfugiés en Bulgarie et en Roumélie Orientale. Les communautés soumettaient à l'Exarchat des candidats et de son côté l'Exarchat ne consacrait pas les personnes qui n'avaient pas été recom­mandées par les communautés, indépendamment de l'intervention des repré­sentants de l'Exarchat sur place.

Les communautés assumaient la construction de nouvelles églises et la direction de la vie religieuse, elles disposaient des moyens financiers de l'E­glise et en affectaient une part à l'entretien des écoles.

Les communautés venaient également en aide aux prêtres dans le besoin et, notamment, à ceux qui se trouvaient en prison.

L'Exarchat évitait de résoudre seul les questions ayant trait à l'édifica­tion de nouvelles églises et à l'ouverture d'écoles sans s'être consulté avec les communautés.

Les communautés dans les sièges épiscopaux avaient le droit d'intenter des poursuites pénales contre les prêtres ayant enfreint leurs devoirs ecclé­siastiques et d'infliger des sanctions, elles réglaient également tous les litiges entre prêtres.

Dans de rares cas l'Exarchat n'approuvait pas les décisions des commu­nautés, mais il chargeait alors le président d'une communauté voisine de faire une enquête et de statuer sur l'affaire.

L'Exarchat ne confirmait pas les décisions des présidents quand elles n'é­taient pas prises avec l'assentiment des autres membres de la communauté.

L'Exarchat défendait les intérêts de la population bulgare dans toutes les communautés, même lorsque celle-ci s'opposait aux autorités de l'Eglise.

L'Exarchat encourageait la population à participer à la gestion des affai­res religieuses et de l'école, accordant la priorité aux communautés et tenant compte des demandes de la population.

Immédiatement après la guerre, l'Exarchat étudia la question de l'élabo­ration d'un règlement pour les communautés, la gestion des églises et des éco­les, qui assure la bonne marche des activités des communautés. L'Exarchat ne put cependant élaborer ce règlement qui se heurtait à l'opposition des autori­tés turques. On trouve néanmoins un programme publié dans le journal protes­tant «Zornitza» de Constantinopîe et qui servait à cette époque comme organe officieux de l'Exarchat, concernant la reconstitution des communautés, leur signification sociale et politique, leurs droits et leurs obligations. Ce program­me déterminait le rôle des communautés et fixait leurs rapports avec les écoles et, plus particulièrement, avec l'Exarchat.

N. Sprostranov, d'Ohrid, établit un projet de règlement des communau­tés et notamment de celle de Salonique, qui établissait leurs rapports avec les écoles. Ce projet fut élaboré avec l'aide du consulat général russe de Salo­nique et il avait pour objet de réglementer l'activité du gymnase bulgare de Salonique et de son pensionnat en y préservant son caractère bulgare et l'influence de la communauté de Salonique.

La question fut posée de savoir si les communautés bulgares, appelées communautés religieuses et d'écoles, pouvaient avoir une autre structure. Non. Elles étaient organisées sur le modèle des communautés grecques et dans l'esprit de la législation turque des communautés ethniques. On ne pouvait songer à une autre organisation des communautés et si l'Exarchat avait voulu élaborer un autre règlement des communautés et des écoles, il se serait heurté à l'opposition des autorités turques.

Après la guerre de libération de 1877-1878 certaines tendances anti-exarchiques se sont-elles manifestées chez des Bulgares? Dans une certaine mesure, sans doute, car l'Exarchat, après la guerre, fut réduit à poursuivre son oeuvre avec deux-trois collaborateurs qui assumèrent la réorganisation des communau­tés bulgares en Macédoine- Le levier intellectuel fut l'archimandrite Méthodi Koussev, une personnalité de premier plan dans la vie religieuse et publique des Bulgares de Macédoine. Mais il ne pouvait pas avec ses collaborateurs faire quoi que ce soit sans s'appuyer sur le soutien de la population bulgare en Macédoine. C'est justement la population bulgare qui permettait au faible organisme de l'Exarchat d'aller de l'avant, malgré les moyens limités dont il disposait et qui rendaient plus difficile encore l'aide financière aux écoles en Macédoine. Certaines communautés macédoniennes s'adressaient à l'Exarchat pour qu'il leur envoie des instituteurs originaires d'autres régions bulgares. Pour l'Exarchat ce problème était sans grande importance, car il ne pensait pas entreprendre une propagande quelconque, mais continuer son oeuvre déjà entreprise. Il ne cherchait pas à envoyer en Macédoine des «cadres de commande» qui prissent en main le contrôle du réseau des écoles en Macédoine. L'Exar­chat n'assurait aucun avantage pécuniaire aux instituteurs selon qu'ils prove­naient d'une région ou d'une autre et l'on sait combien, au contraire, les in­stituteurs nommés par l'Exarchat étaient mal rémunérés.

Il est vrai que des voix s'élevèrent contre l'Exarchat en Macédoine et par­mi les réfugiés bulgares de Macédoine, qui s'étaient établis dans la Principauté et en Roumélie Orientale. Ce mécontentement avait des origines diverses, soit qu'il provenait du refus d'envoyer un nombre suffisant d'instituteurs dans cer­taine école macédonienne, soit que dans telle communauté avaient surgi des différends internes, provoqués par les affrontements entre groupes sociaux op­posés luttant pour contrôler les communautés, soit encore en raison du mé­contentement que provoquait le manque d'insistance de l'Exarchat. Un cer­tain mécontentement naquit contre l'Exarque qui s'était longuement absenté, après la guerre, de Constantinople, visitant Plovdiv, Sofia, Vienne. Cette lon­gue absence lui était reprochée, car on prétendait qu'elle avait une influence négative sur l'activité de l'Exarchat. Après la guerre, lorsqu'il fut question d'une solution rie compromis de la querelle religieuse bulgaro-grecque, dans certaines éparchies macédoniennes des tendances pour l'union avec l'Église ca­tholique se manifestèrent,- ou bien pour le rétablissement de l'Eglise autocéphale macédonienne qui avait pris fin, en 1767, après la fermeture de l'ar­chevêché d'Ohrid. L'argument n'était pas nouveau et avait servi déjà lorsque fut soulevée la question de l'autonomie de l'Eglise et des écoles bulgares. M suffit de rappeler les écrits de Nathanaïl d'Ohrid sur l'archevêché d'Ohrid. Il n'y eut pas en Macédoine d'autre lutte que celle pour l'union de tout le peu­ple bulgare, et l'Exarchat était considéré comme l'institution qui représentait cette unité. Les éparchies macédoniennes soutenaient cette conviction et refu­saient d'accepter le projet russe, défendu par les ambassadeurs Novikov et Nélidov, d'un compromis qui mettrait les éparchies macédoniennes sous le pouvoir canonique du Patriarchat de Constantinople, tout en conservant le slavon dans les offices religieux et le bulgare dans les écoles. La population macédonienne rejetait tous les projets de compromis bulgaro-grec, car elle estimait qu'aucune solution ne saurait être trouvée en dehors de l'unité de tout le peuple bulgare.


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